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Fourth way - The sun and moon have come together
lundi 8 mars 2010.

Un disque rouge, dans un dépôt-vente. Un disque tout rouge, sorti sur Harvest, sous label d'Emi spécialisé dans le prog-rock. Pourquoi est-il dans le rayon Jazz ? La réponse se trouve au dos de la pochette ouvrante : Michael White - previously with Sun Ra, Roland Kirk, John Andy - joue du violon amplifié, Ron McClure, double basse, précédemment avec Herbie Mann, Wes Montgomery, Charles Lloyd ; Eddie Marshall, drums, a joué avec Stan Getz, Roland Kirk, Dionne Warwick ; Mike Nock, Fender Rhodes, previously with Yusef Lateef, Steve Marcus, John Andy. Le résultat est un album live (New Orleans House, Berkeley) de 1970 dont la musique peut être décrite, au choix, comme une torture auditive (ma copine, dès les première notes de violon ou n'importe qui, selon l'humeur) ou comme un album costaud, conforme aux expérimentations de l'époque mais jamais complaisant. Le morceau The sun and moon have come together et ses notes flottantes de Fender sur un groove implacable est particulièrement puissant, il me semble ... si on supporte le violon.


Les disques de janvier
dimanche 28 février 2010.

A ceux qui se le demandent, la galerie Flickr sur la page New arrivals a une fonction essentielle : me rappeler ce que j'ai acheté, que parfois je range après deux écoutes. Parce que sont des disques difficiles, ou sans grand intérêt, parce qu'ils sont chassés par plus attrayant ou parce que ce n'est pas le moment. Le disque, une fois rangé, disparaît de ma vue, n'existe plus que sous la forme d'une tranche qu'il me faut chercher, penché, accroupi, car quasiment tout est rangé près du sol. Balayer cette galerie me permettra de me rappeler, dans quelques mois, que Janvier a été plutôt faste.

Il y a eu d'abord Le temps, de Oswald d'Andrea, un disque vu un jour sur le blog aujourd'hui disparu de Martian-shaker. 12 piécettes (1 par heure) d'illustration sonore constamment inventives sur le thème du temps. Les plus sautillantes ont plu à mon fils qui y a perçu une parenté avec la BO d'Il était une fois la vie signée Michel Legrand. Bien vu.

Le même jour, j'étais tombé sur ce disque d'Eliana Pittman, enregistré dans les années 70, pour partie en France avec des musiciens brésiliens de passage. Les bandes avaient ensuite voyagé jusqu'à Rio et séduit la chanteuse qui s'est même improvisée parolière pour l'occasion. Le résultat est un disque aux musiques subtiles et érudites, signées d'un compositeur de formation classique d'origine polonaise, Bruno Wyzuj de Carvalho, naturalisé brésilien en 1958. La voix mixée TRES en avant relègue malheureusement la plupart du temps l'accompagnement au second plan, et un instrumental comme Makum Bahia, déjà compilé sur Brazilissimo, remue le couteau dans la plaie : que le disque aurait été bien sans ces choix de producteurs de variété.

En fait, Janvier a été tellement faste qu'un disque aussi royal que le Pairing off de Phil Woods n'a pu tenir que quelques jour face aux assauts conjugués de Norman Feels, du velours soul à mi-chemin entre Marvin Gaye et Smokey Robinson (rien que ça) et arrangé par David Van De Pitte (carrément) et de The Poll Winners, Barney Kessel, Shelly Manne et Ray Brown et leurs superbes pochettes. Du Jazz très cool, du genre qu'on peut écouter au restaurant sans s'arrêter de manger. Rien que des méchants classiques interprétés en trio, guitare, basse, batterie, par les meilleurs instrumentistes de leurs temps, vainqueurs de leurs catégories en 1956 dans les référendums de fin d'année de plusieurs magazines de jazz - d'où le nom du groupe. De la musicalité musicale, rien qui gratte, du pur bonheur quoi, un peu comme le Young Django de Grappelli avec les petits jeunes. Mais tous les disques de janvier n'ont peut-être pas dit leur dernier mot.

Hurt so bad
jeudi 25 février 2010.

Le voilà enfin. Escale-party fait partie de ces disques redécouverts par les chercheurs de vinyles, écumeurs de dépôt-ventes et de vide-greniers dans les années 90. J'arrive après la bataille, et j'aurais aimé avoir trouvé ce disque il y a des années, pour n'avoir jamais entendu parler de Hurt so bad, titre soul de classe internationale arrangé par Daniel Janin, chanté par Nancy Holloway. Et le découvrir, encore vierge et inconnu, sur cette compilation de morceaux destinée aux passages d'Air France de 1969, tour du monde de l'illustration musicale en 16 escales. Bienvenue à bord.